Février 2026

Quand l’industrie de la laine s’est effondrée à la fin du siècle dernier, la plupart des éleveurs de moutons au Canada ont été forcés d’adopter une approche différente de leur production.

Février 2026

Quand l’industrie de la laine s’est effondrée à la fin du siècle dernier, la plupart des éleveurs de moutons au Canada ont été forcés d’adopter une approche différente de leur production.

Au cours de la dernière année, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs conversations approfondies avec des éleveurs de moutons, des agronomes et des spécialistes en génétique ovine sur la façon dont on pourrait harmoniser la production de viande et de laine pour que la chaîne d’approvisionnement ait du sens pour tout le monde.

Quand l’industrie de la laine s’est effondrée à la fin du siècle dernier, la plupart des éleveurs de moutons au Canada ont été forcés d’adopter une approche différente de leur production. Ils sont passés de la possession d’animaux à double usage (viande et laine) et parfois même à triple usage (viande, laine, produits laitiers), à la possession d’animaux dont le seul produit viable était la viande.

Évidemment, lorsque le marché change aussi radicalement, tu commences à te concentrer sur les facteurs qui pourraient améliorer le produit viable restant et réduire tes coûts. Dans le cas des moutons, cela signifiait souvent choisir des races qui produisaient beaucoup d’agneaux, avaient de bons instincts maternels et dont les agneaux étaient les plus lourds au moment d’aller au marché.

C’est alors que la brebis commerciale (aussi appelée la F1) est entrée en scène.

La brebis commerciale F1

En résumé, la brebis commerciale est un croisement entre une brebis de race pure prolifique et un bélier de race pure maternel. La génétique de la brebis prolifique garantit que les triplés et quadruplés sont plus courants, tandis que la génétique du bélier maternel garantit que les agneaux seront bien soignés et grandiront rapidement et efficacement.

Ainsi, pour la production de viande, la brebis f1 est vraiment une combinaison de gènes presque parfaite. Pour la laine par contre, pas terrible.

Malheureusement, quand il est question de l’expression du gène de la laine chez les brebis commerciales F1, on se retrouve souvent avec une toison qui a l’air de provenir de deux races différentes.

Lorsque je choisis des toisons, je veux m’assurer que toute la laine d’un lot soit aussi uniforme que possible, car cela nous permet de la filer correctement et de préserver l’élasticité sans avoir besoin d’un mélange. Avec le manque d’uniformité des toisons f1, il est presque impossible de créer un fil qui n’aura pas besoin d’être surtordu pour éviter les cassures, et la surtorsion donne un fil plus rêche qui manque d’élasticité.

Un modèle qui préserve la qualité de la laine

Bien que la brebis f1 soit vraiment la vedette des troupeaux de la plupart des éleveurs, je voulais tester quelque chose de différent. Si nous devions ramener la laine comme produit ovin viable, les revenus des ventes de laine compenseraient-ils la perte liée au choix d’une race pure ?

Un modèle que certains éleveurs utilisent déjà est l’utilisation d’un bélier terminal avec une brebis maternelle ou prolifique. Disons qu’un éleveur veut des Rideau Arcott (race prolifique, 2 agneaux ou plus par naissance) mais est insatisfait de la perte de profit due à leurs petites carcasses. Une option est d’utiliser des brebis Rideau Arcott de race pure avec un bélier paternel terminal, ce qui donne des agneaux plus gros qui prennent du poids maigre assez facilement. Cette méthode préserve la qualité de laine que nous obtenons des brebis de race pure tout en garantissant que les agneaux répondent aux exigences de poids pour la vente.

On peut aussi faire cela avec des brebis maternelles pour les éleveurs qui ne veulent pas, ou qui n’ont pas l’infrastructure, pour nourrir au biberon les agneaux qu’une brebis prolifique produirait.

Maintenant, ce qu’il reste à tester, c’est si ce modèle sera économiquement viable à long terme, et c’est là que le développement du marché entre en jeu. Si les gens veulent de la laine locale en grandes quantités, alors nous pourrons continuer à acheter des toisons aux fermiers et leur fournir le revenu qui permettra à ce modèle de perdurer.

Bref, voici à rendre notre laine locale plus présente sur le marché national (et, espérons-le, un jour international) !

Références

Choix de race et croisement. SEMRPQ. « https://www.semrpq.net/race/ »

Race maternelle. SEMRPQ. https://cepoq.com/wp-content/uploads/2019/06/Race-maternelle-et-terminale_OQ_ete_2018.pdf

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